Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 12:51

Ces deux questions semblent  contradictoires, mais comme beaucoup d'extrêmes, elles découlent de la même cause. Trop pleurer ou être incapable de pleurer dénote un manque de confiance en soi : nous essayons de maîtriser nos sentiments. On nous a éduqués à ne faire confiance  ni à nos sentiments, ni à nous mêmes, on nous a inculqué qu'il nous fallait maîtriser  ces sentiments. Nous avons grandi convaincu qu'il ne fallait pas s'abandonner à ces sentiments, que c'est un signe de faiblesse. Nous pleurons trop quand nous nous croyons incapables de nous occuper de nous mêmes. Nous ne pleurons jamais quand nous avons peur des larmes. Dans les deux cas, nous avons peur de ne pas pouvoir nous maîtriser.

Si nous pleurons tout le temps, c'est probablement que nous avons fini par perdre de vue la cause initiale de notre tristesse.  Nous avons jeté l'éponge, abandonné la partie , nous nous sentons perdus et désespérés. Nous sommes terrifiés à l'idée de rester prisonniers de la tristesse de la vie.

Si nous ne pleurons pas, c'est également que nous avons peur: peur de perdre la maîtrise de nous mêmes et de nous montrer impuissants. Le prix de cette répression c'est la perte de contac avec nos sentiments et si nous ne sentons plus rien, nous ne sommes plus véritablement vivants. Ni les larmes incessantes ni l'absence totale des larmes ne correspondent à la réalité. Le fait de pleurer quand on est triste ou ému, ou très heureux est un comportement tout naturel comme se moucher lorsqu'on a un rhume. Grace à un processus naturel les rhumes guérissent tout seuls, les larmes aussi si nous laissons la nature agir à son rythme.

Le stoïque et le pleurnichard sont tombés chacun dans une ornière de la même route qui mène à la catastrophe : ils ne croient ni l'un ni l'autre à l'action bienfaisante de la nature. Tous les deux usent et abusent en permanence de la même réaction, de la même défense, de la même façon de vivre toutes les situations: ils s'exténuent  à fuir la réalité de la vie. Les deux réactions sont peut être efficaces à court terme, les gens se précipitent pour consoler le pleurnichard, et ils félicitent le stoïque pour sa maîtrise de soi. Mais ces deux types de c omportement se révèlent lassants à la longue, on dira au pleurnichard de se remettre, et l'on fuira le stoïque avec lequel nul ne peut établir de relation profonde.

Que faire ? Cessez de haïr les larme : aussi bien leur excès que leur absence. Il faut s'accorder sans réserve la permission de pleurer ou de ne pas le faire.  Essayer de ne pas se faire de reproches.  En s'accordant la permission de faire quelque chose que l'on faisait déjà de toute façon on entre dans un processus d'acceptation.  Et il se produit un phénomène interessant : il arrive d'adopter un comportement opposé. Si l'on se donne la permission de pleurer que l'on est en larmes, nous commençons à ne plus être maitre de nous.. On s'autorise à pleurer ,on n'a donc plus de remords à propos de ce comportement..C'est la même chose pour ne pas pleurer ....

Pleurer est un comportement. Les larmes sont une réaction naturelle à vos sentiments, elles font partie d'un processus naturel, elles finiront par se calmer. Si l'on pleure trop ou jamais, cela veut dire que l'on est immiscé dans ce processus naturel. Il faut se faire confiance... Il faut accepter le sentiment qui provoque ces larmes...  Il faut s'accorder la permission de sentir ce sentiment et de réagir par des pleurs... Les larmes ne sont pas synonymes de faiblesse, elles confirment seulement le fait que l'on est un être humain..

 

Par Sylvie - Publié dans : PSYCHOLOGIE - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 02:03

J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,

Et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas.

On dirait que tes yeux se sont envolés,

Et on dirait qu'un baiser t'a clos la bouche..

 

Comme toutes les choses sont remplies de mon âme

Tu émerges des choses pleines de mon âme

Papillon de rêve, tu ressembles à mon âme

Et tu ressembles au mot : mélancolie.

 

j'aime quand tu te tais et que tu es comme distante;

Et tu es comme plaintive, papillon que l'on berce,

Et tu m'entends au loin et ma voix ne t'atteint pas,

Laisse moi me taire avec ton silence.

 

Laisse moi aussi te parler avec ton silence,

Clair comme une lampe, simple comme un anneau

Tu es comme la nuit, silencieuse et constellée

Ton silence est d'étoile, si lointain et si simple.

 

J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,

Distante et dolente, comme si tu étais morte

Un mot alors, un sourire suffisent

Et je suis heureux, heureux que ce ne soit pas vrai.

PABLO NERUDA

 

 

 

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Par Sylvie - Publié dans : POESIE - Communauté : Tronches de vie
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 01:10

Des plus petits détails de notre vie quotidienne aux phénomènes cosmiques les plus spectaculaires, mille et une choses à aprendre en s'amusant... D'où viennent les noms des notes de musique ? Pourquoi les Anglais roulent-ils à gauche ?  Nourritures, grandes inventions, écologies, astronomie, tout est là !

Pourquoi le mot "Narcisse" désigne t-il à la fois un héros de la mythologie grecque, une personne qui s'aime beaucoup, et une fleur ?

La mythologie grecque raconte que la nymphe Liriopé eut un jour un enfant avec le fleuve Céphise. Elle l'appela Narcisse et consulta le devin Tiresias pour savoir si son fils vivrait longtemps." oui, s'il ne voit pas sa propre image" répondit le devin. Narcisse grandit et devint un magnifique jeune homme, si beau que tout le monde,femmes et hommes, tombait amoureux de lui. Mais lui, trop orgueilleux, les repoussait. Il rejeta ainsi la nymphe Echo, ce qui lui attira les foudres des dieux. " Puisse t-il aimer lui aussi et ne jamais posséder l'objet de son amour"!  

Un jour, assoiffé,le jeune homme se pencha sur une source pour s'y désaltérer. Il vit alors son reflet dans l'eau pure et tomba amoureux de cette image, ne pouvant s'en détacher, il en oublia de manger et mourut.   A cet endroit, poussa une fleur aux pétales blancs et au coeur couleur safran. Aujourd'hui on'appelle " narcisse" à la fois cette fleur  , et quelqu'un qui aime trop son image...

Quelle différence y'a t-il entre l'Angleterre, la Grande Bretagne et le Royaume Uni ?

Dans la vie de tous les jours,on ne fait pas vraiment la différence entre les trois . Il y'n a pourtant une, une différence de taille! Au départ, quatre pays se partageaient les iles Britanniques: l'Angleterre, l'Ecosse, le Pays de Galles, et l'Irlande. Au fil des siècles, ces nations ont été rassemblées pour former des ensembles plus grands. Ainsi, au XVIe siècle, le pays de Galles a t-il été incorporé à l'Angleterre.. Puis auXVIIe siècle, lorsque le roi d'Ecosse est devenu roi d'Angleterre, il a associé ces deux pays. La Grande Bretagne  est l'ensemble formé par ces trois nations: Angleterre, Ecosse et Pays de Galles. Mais en 1800 un ensemble encore plus grand fut crée de force avec l'Irlande voisine : on le baptisa Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande. L'ultime étape de cette histoire date de 1921 lorsque la partie sud de l'Irlande est redevenue  indépendante. Aujourd'hui deux pays cohabitent donc sur les îles Britanniques:  l'Irlande du Sud ou Eire,  et le Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord

Qui est l'inventeur du vaccin ?

Eh non! ce n'est pas Pasteur, mais un médecin anglais du nom d'Edward Jenner. Il a fait sa découverte en 1796 grâce à des ...vaches  . A l'époque, des pustules se formaient parfois sur le pis des vaches. Elles étaient dues à une maladie appelée " variole de la vache" ou encore "vaccine". Les valets de ferme qui trayaient une vache malade pouvaient eux mêmes tomber malades. C'était assez courant et pas dangereux du tout. Mais le plus étonnant c'est que ces personnes devenaient ensuite insensibles à une maladie autrement plus dangereuse et même mortelle : la variole humaine. La vaccine protégerait -elle contre la variole ? En mai 1796, Edward Jenner  voulut en avoir le coeur net. Dans un premier temps,  il inocula volontairement la vaccine à une enfant de huit ans. Dans un second temps, trois mois plus tard, il lui inocula la variole. A son grand soulagement, l'enfant ne développa pas la maladie, il était bel et bien protégé. A partir de ce moment là, la vaccination contre la variole se généralisa et l'épidémie diminua.

Quel vaccin Louis Pasteur a t-il inventé ?   Quatre vingt ans après Edward Jenner, Louis Pasteur compris les fondements théoriques de la vaccination et en améliora la pratique. Il découvrit le vaccin contre la rage en 1885.

 

Par Sylvie - Publié dans : DIVERS - Communauté : Aux amoureux des mots sans maux
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 23:14

Le temps guérit tout,, l'erreur est humaine, personne n'est iremplaçable....Elles sont nombreuses ces phrases toutes faites et passe-partout qu'on prononce sans y penser... Un auteur a démontré avec humour que ces formules de sagesse populaire recèlent souvent de véritables leçons de philosophie....

Vous croyez farouchement que " quand on veut  on peut ?' .. Vous êtes stoïcien! le proverbe " l'argent ne fait pas le bonheur" vous fait bondir ? vous partagez l'opinion d'Aristote pour qui " le bonheur ne saurait se passer de biens extérieurs...." Serions nous donc philosophes sans le savoir ?

ETRE SOI-MEME

S'il y'a deslieux et des moments où l'on est soi-même, c'est qu'il existe aussi d'autres lieux et d'autres moments où on ne l'est pas. Il y'aurait donc une façon vraie d'être soi, et une autre , moins authentique. Ce ne serait que pour les grandes occasions- les vacnces, l'amour,le sport, l'art, etc.... que nous laisserions libre cours à l'être que nous sommes véritablement, dans la vie de tous les jours, nous nous contenterions d'endosser des rôles, de jouer différents personnages; Si tout le monde ne mène pas une double vie, tout le monde, en revanche  joue un double jeu...ou plutôt un double Je.... Etre soi-même, ce serait non plus être en représentation mais en liberté délivré de la crainte du jugement et du regard des autres, se retrouver après s'être longtemps perdu.  On s'affranchit alors de toutes les conventions - sociales, familiales, professionnelles et morales, qui nous briment et nous griment.

Nous parlons de l'innocence de l'enfant. N'est ce pas qu'il est lui même, qu'il ne joue aucun rôle? Mais très vite, on " change"et on se " corrompt", être adulte revenant à vouloir " être un autre"...Le problème n'est pas que l'on ne puisse pas être soi même, mais qu'on ne le veuille pas...On cherche en permanence à endosser la personnalité et le rang de quelqu'un d'autre, en le singeant souvent ...

Cet être imaginaire nous occupe et nous préoccupe plus que notre être véritable, disait Pascal.. Nous ne nous contententons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être,nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître., nous travaillons incessament à embellir et conserver notre être imaginaire,et négligeons le véritable..

Si l'on joue à l'intello, au réac, ou à la femme libérée, ce n'est pas parce que nous laissons le paraître étouffer pour être authentique, c'est parce que cet être, nous ne voulons pas l'être. La pire des tortures serait de nous obliger à fixer cet être vide et creux que nous sommes ,au fond. Le diagnostic de Pascal est brutal et radical, mais il insiste, et il est difficile de ne pas admettre que l'exemple comporte une part de vérité : si nous aspirons vraiment à être nous memes, , comment alors expliquer,que le pire supplice que l'on puisse infliger à un homme est de lui demander de rester un instant seul dans sa chambre- face à lui-même!

Par Sylvie - Publié dans : philosophie - Communauté : Tronches de vie
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 01:44


Le soir, quand pour dormir, elle a défait ses tresses
Et me laisse à genoux baiser ses cheveux longs,
J'aime, en les renattant, à couvrir de caresses
Les premiers fils d'argent éclos dans ces fils blonds.

J'y lis tout un passé de soucis et de crainte
J'y vois mes maux d'enfant qui l'ont tant fait souffrir
Et chaque nuit veillée a laissé son empreinte
Sur ce front adoré que le temps va flétrir.

Des efforts qu'elle a faits pour me rendre meilleure,
Plus vaillante, plus sage et plus digne d'amour
Pour soulager qui souffre et consoler qui pleure,
Chacun de ces fils blancs me représente un jour.

Aussi tous les joyaux et tout l'éclat d'un trône
La rendraient bien moins belle à mes yeux attendris,
Bien moins chère à mon coeur que la double couronne
De sa bonté pensive et de ses cheveux gris.

C'est pourquoi, quand, le soir, elle a défait ses tresses
Qui baignent son front pur de leur reflet changeant
J'aime à compter tout bas, par autant de caresses,
Entre ces fils dorés les premiers fils d'argent.

 MARIE DE VALANDRE

 




 


Par Sylvie - Publié dans : POESIE - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 22:13
Beaux textes -

LE CONTE DE L'ARC EN CIEL DES EMOTIONS.


Il était une fois une jeune fille qui n'osait jamais dire ses émotions.
A personne, et surtout, surtout pas à ceux qu'elle aimait !
Bien sûr, il n'est pas toujours facile de dire ses émotions car des fois cela déborde. Il y a alors des pleurs, des sanglots ou des rires, des fous rires, des sueurs, du chaud et du froid, bref,plein de choses qui se
bousculent dans le corps.

Il y a aussi les réactions de l'entourage.. qu'elle imaginait:
-Qu'est ce qu'ils vont penser de moi, qu'est ce qu'ils vont dire ?
Et puis un jour, pour oser parler de ses émotions, il faut déjà les connaître. Vous les connaissez, vous, vos émotions ?
Essayez déjà de m'en dire trois pour voir...
Bon, la question n'est pas là, puisque je raconte l'histoire de la jeune fille qui ne savait pas dire ses émotions.

Un jour qu'elle rêvait éveillée dans son lit, en regardant le ciel, à imaginer les bonheurs qu'elle pourrait avoir dans sa vie, elle vit au-dessus d'elle un magnifique arc-en-ciel. Mais ce qu'il y avait d'étonnant dans cet arc-en-ciel, c'est qu'il possédait une huitième couleur, la couleur noire. C'est très rare un arc-en-ciel avec huit couleurs.
Et soudain, elle comprit. Elle comprit tout, elle sut comme cela le nom des émotions qu'elle avait en elle. Grâce aux couleurs de l'arc en ciel. Elle devina que chaque couleur représentait une ou plusieurs émotions. Chaque couleur devenait un mouvement de son coeur, une direction de ses énergies, un élan des sentiments, une vibration du ventre, ou du dos, un scintillement des yeux....

Le rouge par exemple, le rouge était la couleur de la passion, du baiser.

L'orange celle de l'abandon, de l'offrande, du don de soi.

Le jaune celle de la lumière, du jaillissement, du plaisir. Oui, se laisser emporter, confiante, faible comme un sourire de printemps.

Et le vert ? Le vert c'était la couleur du ventre, du mouvement de la vie en elle. De tout ce qu'elle sentait vrai, véritable en elle !

Le bleu, couleur de la tendresse, des caresses sans fin, de la douceur et aussi de l'espoir.

Le violet, lui, était une couleur plus inquiétante, fermée, sourde. Il y a de la violance dans le violet, de la menace. C'est important de savoir aussi reconnaître cela en soi. Violence que l'on porte, violence que l'on provoque parfois.. violence qui arrive par des chemins imprévisibles.

Le noir. Ah ! Cette couleur noire, là, présente dans l'arc-en-ciel.Couleur de la peur, du diable, du diablotin qu'il y avait parfois en elle.

Et puis la couleur blanche, couleur du désir. Du désir infini, multiple, qui renaissait en elle, parfois timide,
d'autres fois plus direct, plus osant !

Cette couleur-là est précieuse, indispensable, sans elle les autres couleurs n'existeraient pas. Le blanc est une couleur lumière, qui capte toutes les autres et leur donne plus d'existence.

A partir de ce jour-là, la jeune fille, ah! j'oublié de vous dire son nom : Yanou, sut parler de ses émotions, car il lui suffisait d'en rechercher la couleur. Elle regardait le ciel, imginait un arc-en-ciel et cherchait la couleur de l'émotion qui l'habitait.

Bien des années plus tard, elle fut très étonnée d'entendre sa fille lui dire : -Tu sais, Maman, je suis un arc-en-ciel d'émotions, je les ai toutes quand je danse. J'adore danser. La danse, c'est le chant des émotions...
Des fois j'éclate quand toutes mes couleurs, je veux dire mes émotions, se mettent à vivre ensemble.. oh ! là là . Je vais éclater un jour. !

Je ne sais pas si la fille de Yanou éclatera comme elle le craint, ce que je sais, c'est que sa mère avait fait une grande découverte en associant ses émotions aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Jacques Salomé

Par Sylvie - Publié dans : DIVERS - Communauté : Aux amoureux des mots sans maux
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 00:55

bonne et heureuse année 2O12..... Qu'elle soit source de joies, santé, bonheur pour tous

 

 

 

 

 

Par Sylvie - Publié dans : DIVERS - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 16:03

 

Me voilà après deux mois d'absence ...une absence de six semaines en dehors de  Nice et quinze jours de panne d'ordi.... Ouf ! c'est terminé ..

 

Un article un peu léger en cette fin d'année ..

Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées.

 

Pourquoi l 'Amérique, découverte par Christophe Colomb, ne s'appelle -t-elle pas Colombie?

C'est l'histoire d'une injustice en trois parties. Première partie : en 1942 Christophe Colomb quitte l'Europe en caravelle vers l'Ouest.  Il traverse l'océan Atlantique et atteint les îles du Japon ou de l'Inde. Il ne sait pas trop.  De retour en Espagne, il se lie d'amitié avec un compatriote italien Amerigo Vespucci.

Deuxième partie : Amerigo Vespucci prend lui aussi  part à des expéditions vers l'ouest. On ignore combien , il semble qu'il ait inventé certains de ses voyages. Toujours est-il qu'il écrit de longues lettres où il dit avoir posé le pied sur un nouveau continent.

Troisième partie : en 15O7, dans la ville vosgienne de Saint Dié, un cartographe s'apprête à publier un recueil de cartes du monde. Pour qu'elles soient le plus à jour possible, il cherche des informations  sur les découvertes récentes et lit les slettres de Vespucci. Il dessine alors le continent et lui cherche un nom. Comme il en découvert l'existence grâce à Amerigo Vespucci, il pense a Amerigo,Ameriga, America, Amérique!! le nom sonne bien et il l'a inscrit sur la cartz. Le nouve monde a un nom...

Par Sylvie - Publié dans : DIVERS - Communauté : Tronches de vie
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 01:00

BLOG EN PAUSE

..Un petit coucou pour vous remercier de vos visites , et vous souhaiter de passer un bon we ...
 Mon blog sera en pause l'espace d'un mois environ ... le temps d'une cure ...
A tous je vous souhaite une bonne continuation ,
bisous ...
Par Sylvie - Publié dans : DIVERS - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 00:01

Chaque citation est replacée dns son contexte et décryptée à la lumière de notre connaissance contemporaine.

JE VOUS PROMETS UNE NOUVELLE DONNE POUR LE PEUPLE AMERICAIN.   FRANKLIN ROOSVELT EN 1932

 

Après le krach boursier d'octobre 1929, les Etats Unis sombrent dans la dépression. En 1932, le pays compte 12 millions  de chômeurs. La production industrielle a été réduite de moitié. Les cours agricoles s'effondrent à cause d'une surproduction massive.Pourtant impuissant, le président républicain Hoover se représente. Les démocrates choisissent pour candidat Franklin Delano Roosevelt, l'énergique gouverneur de l'Etat de New York.

" Dans les fermes, dans les grandes métropoles, dans les cités plus petites et dans les villages,conclut-il lors de la convention démocrate du 2 juillet, des millions de nos concitoyens caressent l'espoir que leurs anciens modes de vie et de p ensées n'ont pas disparu à jamais. Je vous engage, je m'engage moi même  à une nouvelle donne pour le peuple américain. I constituons nous tous en prophète d' un ordre de compétence et de courage. C'est plus qu'une campagne politique, c'est un appel aux armes. Aidez moi, non seulement pour gagner des voix, mais aussi pour gagner cette croisade qui rendra l'Amérique à son propre peuple.".

Le lendemain, la presse américaine relève à peine les mots " prophètes" et " croisade". Trop banal. C'est la " nouvelle donne" qui deviendra son slogan de campagne. Il a emprunté l'expression à l'économiste Stuart Chase, qui vient de publier un livre sous ce titre.

Largement élu en novembre, Roosevelt parviendra à relancer l'économie américaine et à redonner espoir au pays. Réélu en 1936, en 1940 et en 1944, il reste aux yeux des Américains le plus grand président du XXè siècle, et peut être de toute leur histoire.

Par Sylvie - Publié dans : HISTOIRE - Communauté : Aux amoureux des mots sans maux
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 01:01

Nous savons tous que la qualité de la communication est un facteur important de cohésion du couple. Nous savons que la parole fait partie de la communication, mais la parole ne suffit pa pas pour qu'il y ait communication. Beaucoup de couples passent un temps considérable ensemble, ils parlent énormément mais n'ont pas vraiment l'impression de communiquer. A contrario,il y a des couples qui ont l'air de parler fort peu, mais qui se sentent très proches et bien en accord. La communication, c'est l'art de créer une intimité avec l'autre, c'est une façon de partager en profondeur et de se sentir solidaires. Une communication de qualité permet à l'autre de nous connaître tel que nous sommes, de nous fournir des réponses et un appui quand nous en avons besoin. Une comunication de qualité représente une des grandes joies de l'existence. La pratique de l'intégration  sociale comporte l'apprentissage de compétences dans le domaine de la communication.

 

Pour comprendre ce qu'est une communication de qualité, le mot clé est justement celui de compétence. Certains, bénis des dieux, communiquent d'instinct, c'est un don naturel, mais pour la plupart d'entre nous, il s'agit d'une compétence qui s'acquiert, heureusement c'est possible. Paradoxe spéctaculaire: ceux qui communiquent le mieux sont toujours ceux qui écoutent le mieux; ce ne sont pas nécessairement ceux qui s'expriment le mieux. On nous a appris à parler, mais jamais à écouter. L'écoute efficace n'est pas toujours facile, elle exige de s'interesser à l'autre, de faire preuve de patience et de concentration.  En général, c'est plus drôle de parler que d'écouter. Le problème, c'est que la plupart des gens vont dans le sens de leurs préférences: c'est pour cela que si peu savent écouter. Si nous nous entraînons à écouter, à écouter vraiment ce que disent les autres,nous découvrirons peut être à quel point cela nous est peu familier : il n'est pas si simple de laisser quelqu'un s'exprimer à fond,  tout en se concentrant  sur ce que dit  cette personne et non sur ce que nous grillons de lui répondre. .

 

Savoir bien communiquer, c'est aussi avoir à sa disposition une panoplie de compétences aussi bien pour résoudre les prolèmes que pour offrir son appui. Ce sont deux series de techniques différentes, à appliquer dans des circonstances différentes.

La résolution des problèmes est une excellente forme de communication quand - et seulement quand- on vous demande conseil. Mais là ou le bât blesse, c'est que la recette est parfois trop facile et l'on a tendance à en abuser.. Vous risquez de prodiguer vos conseils bien avant que l'on ne vous les demande. Il y'a de fortes chances pour que vous généralisiez ce type de compétence à l'ensemble de vos communications, du coup, vous serez surpris de constater que certains réagissent de façon négative à vos conseils non sollicités.

 

La communication de soutien c'est le contraire de la résolution des problèmes, vous ne dites mot sur ce que vous pensez,vous vous abstenez de donner des conseils,sauf si on vous le demande. Cette communication permet à l'autre de se sentir bien en résolvant son problème lui meme. Elle consiste à laisser l'autre dire tout ce qu'il désire dire,sans l'interrompre ni le contredire.  La conversation de soutien commence par une écoute efficace.  Le soutien signifie que l'autre sait que vous êtes là avec lui, que vous l'écoutez et que vous, vous vous abstenez de l'attaquer. La communication de soutien est un outil très puissant , pour la pratiquer de façon efficace,il faut possèder l'estime de soi même.

 

Les psychologues, les éducateurs, les infirmières et les assistantes sociales intervenant dans le secteur social ou paramédical sont avantagés dans la mesure où ils ont appris la communication de soutien dans le cadre de leur formation. Mais il est surprenant de constater combien peu nous appliquons nos connaissances professionnelles dans notre vie privée. Or le meilleur endroit où nous puissions exercer nos connaissances en communication c'est chez nous. C'est là que vivent les gens que nous aimons et qui nous aiment. Et pourtant, c'est l'endroit au monde où il nous est le plus difficile de mettre en pratique cette attitude de soutien.

Par Sylvie - Publié dans : PSYCHOLOGIE - Communauté : Tronches de vie
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 01:06

" Le temps guérit de tout" , " l'erreur est humaine" , elles sont nombreuses ces phrases toutes faites et passe-partout qu'on prononce sans y penser ..  Ces formules de sagesse populaire recèlent souvent de véritables leçons de philosophie ..

 

L'ESPOIR FAIT VIVRE

 

Les cernes sous les yeux profonds comme des canyons, le regard perdu, le coeur qui hésite entre l'arrêt ou la nausée, qu'est ce qui fait que, malgré tout, chaque matin, nous trouvons l'énergie de nous lever, de boire le même café, de tartiner le même Nutella, de réintégrer le même bureau? C'est l'espoir. Celui qui fait vivre - et survivre à l'alarme du réveil.. La vie ne peut être vécue que si nous avons l'espoir qu'il nous reste encore des choses à vivre, que tout n'est pas joué, que du nouveau peut advenir.

 

Car l'espoir ne fait pas seulement vivre, il est la vie même. Il est la conviction que la vie apporte de la vie, qu'elle est une matière toujours en mouvement.  Être déprimé, c'est, à l'opposé, croire que tout est figé, comme pris dans les glaces, " banquisé".. Le désespoir est ce sentiment de dévitalisation de la vie. Il n'est pas la certitude qu'il n'y a plus d'avenir, mais que l'avenir sera immuablement semblable au présent.

 

Espérer ne consiste toutefois pas à faire de la vie une fête permanente. La quête  de l'excès peut même être vue comme une forme de désespoir : espérant que la vie ne suffit pas, on est perpétuellement obligé de lui ajouter quelque chose- alcool, sexe, collection de timbres .... pour qu'elle devienne enfin vivable. A l'inverse, l'espoir nous rend notre existence vivable, " vivante".

 

Contre toute attente, c'est Kant,le philosophe, le moins bon " vivant" qui souligne cette valeur inconditionnelle de la vie " ce ne sont pas les plaisirs ni même le bonheur qu'elle peut apporter qui font que notre existence vaut d'être vécue, elle vaut la peine tout simplement parce qu'elle est la vie.

 

 Quelle valeur la vie possède pour nous ? Si cette valeur est estimée simplement d'après ce dont on jouit, le bonheur, elle tombe au-dessous de zero .. Il ne reste donc en définitive  quela valeur que nous donnons nous mêmes à la vie. Il ne reste donc que l'espoir  qui nous fait accepter, désirer chaque jour de notre vie et tous ceux qui pourront suivre, petits matins blafards comme nuits agitées. L'espoir donne " envie d'avoir envie" dirait un crypto philosophe belge, Johnny Hallyday.

 

 

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Par Sylvie - Publié dans : philosophie - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 22:38

                                                       JACQUES DERRIDA

 

Jacques Derrida , né le 15 juillet 1930 à El Biar (Algerie) et mort le 9 octobre 2004 a Paris d'un cancer du Pancréas, est un philosophe français qui a initié puis développé la méthode de la déconstruction. Ce concept a largement débordé de sa discipline d'origine et touche dorénavant à la littérature, la peinture, la psychanylse. Derrida a, en outre, associé son nom à de nombreuses réfléxions sur la philosophie.

 

D'origine juive, il subit la répression liée aux événements de la fin des années 1930. Il connaît durant sa jeunesse une scolarité mouvementée. Il voit les métropolitains comme oppresseurs et normatifs, normalisateurs et moralisateurs.

 

Sportif, il participe à de nombreuses compétions sportives et rêve de devenir footballeur professionnel. Mais c'est aussi à cette époque qu'il découvre et lit des  philosophes et écrivains comme J.J.Rousseau, F.Nietzsche, A. Gide, et Albert Camus.

 

Après trois années de classe préparatoire littéraire, il entre après deux échecs à l'école Normale Supérieure en  1952 où il découvre Kierkegaard et Martin Heidegger. Il y fait la rencontre d'Althusser, puis il est assistant à l'Université américaine d'Harvard.

 

Il se marie en juin 1957 avec Marguerite Aucouturier, une psychanalyste et effectue par la suite son service militaire. En 1959 il enseigne pour la première fois au Lycée du Mans et est invité à la première décade de Cerisy. En 1964   il obtient le prix Jean Cavailles ( prix d'épistémologie) pour sa traduction, puis il est professeur de philosophie à Normale Sup où il  occupe la fonction de caïman", c'est à dire de directeur d'études. Sa  participation au colloque de Baltimore marque le début de ses fréquents voyages aux USA. En 1967 ses trois premiers livres son publiés.

 

En 1978 Jacques Derrida  prend l'initiative de lancer les Etats Généraux de la philosophie à la Sorbonne. Il s'implique de plus en plus dans des actions politiques, domaine qu'il avait apparemment écarté de sa vie professionnelle. A partir de 1984 il est directeur d'études à l'école des Hautes Etudes en sciences sociales. Marié à Marguerite Aucouturier, il a en 1984 un enfant de sa relation avec Sylviane Agacinski.

 

En 1955  il a été membre du comité de soutien à Lionel Jospin, mais a refusé de l'être en 2002 en raison notamment du jugement qu'il portait sur la politique du gouvernement socialiste sur l'immigration.

 

A partir de 2003 Jacques Errida souffre d'un cancer du pancréas et réduit considérablement ses conférences  et ses déplacements. Il meurt le 9 octobre 2004 dans un hopital parisien à l'âge de 74 ans.

 

TRAVAUX :

 

Philosophe français majeur du XXe siècle, Derrida bénéficie d'une reconnaissance des deux côtés de l'Atlantique, qui va bien au delà du monde universitaire. Par exemple, le film de Woody Allen " Déconstructing Harry" ( Harry dans tous ses états) est une référence directe aux travaux de cet auteur " référence" que Derrida jugera d'ailleurs pauvre et décevante au regard  de la complexité  de ce concept. Héros culturel aux USA, il a reçu 21 fois un doctorat " honoris causa" de plusieurs universités. Derrida déclarait avant sa mort au journal " l'Humanité"  je n'ai jamais fait de longs séjours aux Etats Unis, le plus clair de mon temps ne se passe pas la bas, cela dit, la réception de mon travail y a été effectivement plus généreuse, plus attentive, j'y ai rencontré moins de censure, de barrages,de conflits qu'en France " ....Pourtant  Derrida a la réputation d'être un écrivain difficile, exigeant pour son lecteur, même pour des philosophes. Son style est dense,il pratique de nombreux jeux de mots et affectionne les allusions. Sa lecture, souvent déconcertante et nécessitant de nombreuses relectures révèle des ouvertures sur l'avenir de la philosophie.

 

C 'est un philosophe qui déchaîne les passions. Ses premiers travaux de portée internationale sont vivement critiqués. Dans son essai sur le philosophe anglais John Austin et sa théorie des actes de langage, Derrida est accusé de s'entêter à énoncer d'évidentes contre-vérités. Nombreux sont les philosophes qui se sont élevés contre le prix que lui a décerné l'Université de Cambridge. C'est aux Etats Unis qu'il a beaucoup fréquenté, qu'il connaîtra néanmoins la plus grande audience et que son travail fécondera le plus profondément les champs philosophiques,politique et littéraire.

 

Si la philosophie ne sait comment se comporter avec Derrida, tour à tour l'acclamant et le reniant , d'autres disciplines ont pu se reconnaître dans la deconstruction et son travail sur l'épistémologie.

 

 

SES CITATIONS:

 

Une trace ineffaçable n'est pas une trace.

 

 

Ce qu'on ne pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l'écrire.

 

 

Le moi est donné, livré, offert et trahi à la fois. Et cette vérité est affaire d'amour et de police, de jouissance et de loi loi à la fois .

 

 

Une limite ne se touche pas.

  .

Par Sylvie - Publié dans : philosophie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 23:34
LE BATEAU IVRE.

 

 

 

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

ARTHUR RIMBAUD

 

phares en mer d'Iroise
Par Sylvie - Publié dans : POESIE - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 00:42

"Le temps guérit de tout" , " l'erreur est humaine" , " personne n'est irremplaçable" .. Elles sont nombreuses ces phrases toutes faites et passe-partout qu'on prononce sans y penser. Ces formules de  sagesse populaire recèlent souvent de véritables leçons de philosophie.

 

Vous croyez farouchement que " quand on veut on peut ? " vous êtes stoicien! le proverbe " l'argent ne fait pas le bonheur " vous fait bondir ? Vous partagez l'opinion d'Aristote pour qui " le bonheur ne saurait se passer de biens extérieurs..." serions nous philosophes sans le savoir ?

 

METS TOI A MA PLACE

 

 

J'ai perdu mon travail, un ongle dans la porte, mon mari et mes plus belles années, et je ne demande qu'une chose : qu'on se mette à ma place!  Ce serait un peu comme l'équivalent du très chrétien " aime ton prochain comme toi même"...Je demande à l'autre de se faire tout proche, de prendre le temps de bien comprendre ma position. Mais avouons le, par cette injonction, c'est aussi ma sécurité que j'entends assurer, si l'autre se met à ma place jusqu'à devenir en quelque sorte  celui que je suis,il ne pourra plus me vouloir de mal, ni me juger: d'adversaire, il deviendra solidaire. Plus qu'un proche, il sera désormais un allié.

 

Le drame est que, précisément, on ne peut jamais occuper la place de l'autre. Les personnes ne sont pas interchangeables. Plus grave encore, se mettre à la place de l'autre reviendrait à l'anéantir, à refuser sa différence et la mienne. Etre calife à la place du calife est un crime de lèse majesté , c'est se prendre pour ce que l'on n'est pas. Vouloir ressembler à la fille du dessus parce qu'elle est blonde, c'est en quelque sorte désirer sa mort pour vivre à sa place.

 

Et pourtant, c'est bien de cela qu'il est question dans la morale et dans la charité aussi : se mettre à la place de l'autre pour en faire un autre moi même, un prochain, un égal. On ne doit pas seulement s'identifier à lui, et donc ressentir de la sympathie, de la compassion, on doit voir en lui un autre soi même et parvenir à se mettre dans ses pas. Malgré tout, il est impossible d'être celui que je ne suis pas, c'est à dire d'occuper sa place, la seule chose qu'il me reste pour guider mes actes est de ne pas faire à cet autre ce que je ne voudrais pas qu'il me fasse. C'est le seul moyen pour moi de me mettre à sa place tout en me maintenant à la mienne.

 

Même l'ami le plus sûr, même le meilleur des Samaritains, personne  ne pourra jamais se mettre à ma place. Je suis condamné(e) à y rester comme je suis, condamné (e) à être celui (celle) que je suis .

 

 

 

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Par Sylvie - Publié dans : philosophie - Communauté : Tronches de vie
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